Le Navire ne s'arrête jamais

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Sommaire

 

Après des croisières tropicales aux Caraïbes, nous rêvions d’un contraste total. En juin 2025, nous avons embarqué à Hambourg pour une destination presque irréelle : le Svalbard et la Norvège.

À bord du MSC Preziosa, nous allions découvrir glaciers, fjords et soleil de minuit, dans une croisière aussi dépaysante que spectaculaire.

 

Le départ : Hambourg, direction le Grand Nord

Contrairement aux départs transatlantiques, rejoindre Hambourg fut simple et rassurant : moins loin qu’un vol pour Miami, donc moins de stress à l’idée de rater le navire.

Le MSC Preziosa nous attendait, majestueux, avec ses reflets verts et ses lignes élégantes. Dès l’embarquement, l’excitation était là : nous partions à la découverte d’un monde polaire, très loin de nos souvenirs de cocotiers.

 

Escale 1 : Ålesund et les 418 marches du mont Aksla

Le soleil n’était pas au rendez-vous, mais qu’importe : sous un ciel gris, nous avons décidé de grimper les 418 marches du mont Aksla. Pour nous qui ne sommes pas sportifs, c’était un vrai défi ! Heureusement, on peut faire des pauses régulièrement, et l’effort fut largement récompensé : au sommet, une vue imprenable sur la ville et la baie.La descente fut plus douce, avant de flâner dans les rues colorées d’Ålesund.

 

Escale 2 : Hammerfest, au sommet du Gammelvein

À Hammerfest, la ville la plus septentrionale du monde, nous avons commencé par une balade tranquille dans les rues, puis décidé de prendre de la hauteur. Direction le sommet du Gammelvein : une montée accessible mais impressionnante, offrant un panorama saisissant sur la ville et la baie, avec notre navire en toile de fond.

 

Escale 3 : Honningsvåg et le Cap Nord

L’un des moments forts de cette croisière. Depuis Honningsvåg, nous avons rejoint le mythique Cap Nord et son célèbre globe terrestre. Là-haut, face au vent et à l’océan infini, nous avons ressenti cette impression d’être au bout du monde. Le musée, très instructif, a complété la visite.

L’après-midi, retour en ville pour une promenade plus douce, encore imprégnés de cette matinée unique.

 

Escale 4 : Longyearbyen, Spitzberg – le Svalbard, presque au bout du monde

C’était l’escale que nous attendions le plus. Arrivés à Longyearbyen, au Svalbard, c’est poser le pied dans un lieu hors du temps. Nous avons participé à une excursion vers le Camp Barentz, un ancien camp où nous avons rencontré des chiens de traîneaux. Escortés par un guide armé (obligatoire en dehors de la ville, à cause des ours polaires), nous avons découvert à quel point la vie ici est étroitement liée à la nature.

L’après-midi, en flânant dans la petite ville, nous avons croisé des élans : preuve vivante que l’homme et la nature cohabitent encore harmonieusement dans cette région du monde.

 

Escale 5 : Tromsø, la porte de l’Arctique

À Tromsø, nous avons choisi la simplicité. Un bus de ville nous a menés jusqu’au musée polaire, très complet, avec des guides papiers en français. Puis, balade en ville et visite de la célèbre Cathédrale Arctique. Son architecture extérieure est impressionnante, mais l’intérieur nous a laissés sur notre faim : sobre, presque trop. Nous aurions aimé prendre le téléphérique pour admirer la vue panoramique, mais il était malheureusement en maintenance. Une petite déception, mais vite oubliée dans la richesse du reste.

 

Escale 6 : Leknes, les îles Lofoten

Les Lofoten étaient à la hauteur de leur réputation : paysages à couper le souffle. Nous avions réservé une excursion vers le village de Reine, carte postale vivante avec ses maisons rouges sur pilotis.

Seul regret : une organisation approximative qui nous a laissés seulement 25 minutes sur place, au lieu d’une heure prévue. Trop court pour savourer pleinement, mais assez pour graver des images inoubliables.

 

Escale 7 : Bergen, entre panorama et marché au poisson

Dernière escale avant le retour. À Bergen, nous avons profité d’une promenade matinale dans le centre, avant de prendre le funiculaire du mont Fløyen. Là-haut, un panorama spectaculaire s’ouvrait sur la ville, les montagnes et la mer. De retour en ville, nous avons terminé par la visite du marché au poisson, une expérience gourmande et authentique.

 

Retour à Hambourg : la fin de l’aventure… et une grève imprévue

Le retour à Hambourg ne fut pas de tout repos. Une grève des contrôleurs aériens perturba notre retour en France. Air France ne nous fut pas d’une grande aide, et nous avons dû improviser : chercher un hôtel, trouver où manger… À ce jour, nous attendons encore les remboursements. Mais cette mésaventure fera sans doute l’objet d’un autre article !

 

Des expériences uniques : le soleil de minuit et les coulisses du navire

Au-delà des escales, deux expériences marqueront cette croisière à jamais.

 

Le soleil de minuit : du 21 juin au 2 juillet, le soleil ne s’est jamais couché. Vivre sous une lumière constante, jour et nuit, est une expérience troublante mais fascinante. Regarder la mer à “minuit” sous un ciel doré restera gravé dans nos mémoires.

 

La visite des coulisses du Preziosa : nous avons eu la chance de découvrir l’envers du décor. Des ponts inférieurs avec la salle des machines jusqu’à la passerelle de commandement, des cuisines gigantesques aux laveries industrielles, sans oublier les coulisses des spectacles et les espaces du personnel. Une plongée dans le cœur battant du navire, invisible pour la plupart des passagers.

 

Conclusion : une croisière hors du commun

Cette croisière sur le MSC Preziosa fut à la fois différente et complémentaire de nos précédentes expériences. Là où les Caraïbes nous avaient séduits par leur chaleur et leur insouciance, le Grand Nord nous a impressionnés par sa puissance et sa sérénité.

 

Nous sommes revenus changés, enrichis de paysages inoubliables et de moments rares : des élans dans les rues de Longyearbyen, le globe du Cap Nord, les lumières irréelles du soleil de minuit…

Autant d’images qui resteront gravées comme une parenthèse unique au bout du monde.

 

Ulrich & Sidara

Sommaire

 

Après des croisières tropicales aux Caraïbes, nous rêvions d’un contraste total. En juin 2025, nous avons embarqué à Hambourg pour une destination presque irréelle : le Svalbard et la Norvège.

À bord du MSC Preziosa, nous allions découvrir glaciers, fjords et soleil de minuit, dans une croisière aussi dépaysante que spectaculaire.

 

Le départ : Hambourg, direction le Grand Nord

Contrairement aux départs transatlantiques, rejoindre Hambourg fut simple et rassurant : moins loin qu’un vol pour Miami, donc moins de stress à l’idée de rater le navire.

Le MSC Preziosa nous attendait, majestueux, avec ses reflets verts et ses lignes élégantes. Dès l’embarquement, l’excitation était là : nous partions à la découverte d’un monde polaire, très loin de nos souvenirs de cocotiers.

 

Escale 1 : Ålesund et les 418 marches du mont Aksla

Le soleil n’était pas au rendez-vous, mais qu’importe : sous un ciel gris, nous avons décidé de grimper les 418 marches du mont Aksla. Pour nous qui ne sommes pas sportifs, c’était un vrai défi ! Heureusement, on peut faire des pauses régulièrement, et l’effort fut largement récompensé : au sommet, une vue imprenable sur la ville et la baie.La descente fut plus douce, avant de flâner dans les rues colorées d’Ålesund.

 

Escale 2 : Hammerfest, au sommet du Gammelvein

À Hammerfest, la ville la plus septentrionale du monde, nous avons commencé par une balade tranquille dans les rues, puis décidé de prendre de la hauteur. Direction le sommet du Gammelvein : une montée accessible mais impressionnante, offrant un panorama saisissant sur la ville et la baie, avec notre navire en toile de fond.

 

Escale 3 : Honningsvåg et le Cap Nord

L’un des moments forts de cette croisière. Depuis Honningsvåg, nous avons rejoint le mythique Cap Nord et son célèbre globe terrestre. Là-haut, face au vent et à l’océan infini, nous avons ressenti cette impression d’être au bout du monde. Le musée, très instructif, a complété la visite.

L’après-midi, retour en ville pour une promenade plus douce, encore imprégnés de cette matinée unique.

 

Escale 4 : Longyearbyen, Spitzberg – le Svalbard, presque au bout du monde

C’était l’escale que nous attendions le plus. Arrivés à Longyearbyen, au Svalbard, c’est poser le pied dans un lieu hors du temps. Nous avons participé à une excursion vers le Camp Barentz, un ancien camp où nous avons rencontré des chiens de traîneaux. Escortés par un guide armé (obligatoire en dehors de la ville, à cause des ours polaires), nous avons découvert à quel point la vie ici est étroitement liée à la nature.

L’après-midi, en flânant dans la petite ville, nous avons croisé des élans : preuve vivante que l’homme et la nature cohabitent encore harmonieusement dans cette région du monde.

 

Escale 5 : Tromsø, la porte de l’Arctique

À Tromsø, nous avons choisi la simplicité. Un bus de ville nous a menés jusqu’au musée polaire, très complet, avec des guides papiers en français. Puis, balade en ville et visite de la célèbre Cathédrale Arctique. Son architecture extérieure est impressionnante, mais l’intérieur nous a laissés sur notre faim : sobre, presque trop. Nous aurions aimé prendre le téléphérique pour admirer la vue panoramique, mais il était malheureusement en maintenance. Une petite déception, mais vite oubliée dans la richesse du reste.

 

Escale 6 : Leknes, les îles Lofoten

Les Lofoten étaient à la hauteur de leur réputation : paysages à couper le souffle. Nous avions réservé une excursion vers le village de Reine, carte postale vivante avec ses maisons rouges sur pilotis.

Seul regret : une organisation approximative qui nous a laissés seulement 25 minutes sur place, au lieu d’une heure prévue. Trop court pour savourer pleinement, mais assez pour graver des images inoubliables.

 

Escale 7 : Bergen, entre panorama et marché au poisson

Dernière escale avant le retour. À Bergen, nous avons profité d’une promenade matinale dans le centre, avant de prendre le funiculaire du mont Fløyen. Là-haut, un panorama spectaculaire s’ouvrait sur la ville, les montagnes et la mer. De retour en ville, nous avons terminé par la visite du marché au poisson, une expérience gourmande et authentique.

 

Retour à Hambourg : la fin de l’aventure… et une grève imprévue

Le retour à Hambourg ne fut pas de tout repos. Une grève des contrôleurs aériens perturba notre retour en France. Air France ne nous fut pas d’une grande aide, et nous avons dû improviser : chercher un hôtel, trouver où manger… À ce jour, nous attendons encore les remboursements. Mais cette mésaventure fera sans doute l’objet d’un autre article !

 

Des expériences uniques : le soleil de minuit et les coulisses du navire

Au-delà des escales, deux expériences marqueront cette croisière à jamais.

 

Le soleil de minuit : du 21 juin au 2 juillet, le soleil ne s’est jamais couché. Vivre sous une lumière constante, jour et nuit, est une expérience troublante mais fascinante. Regarder la mer à “minuit” sous un ciel doré restera gravé dans nos mémoires.

 

La visite des coulisses du Preziosa : nous avons eu la chance de découvrir l’envers du décor. Des ponts inférieurs avec la salle des machines jusqu’à la passerelle de commandement, des cuisines gigantesques aux laveries industrielles, sans oublier les coulisses des spectacles et les espaces du personnel. Une plongée dans le cœur battant du navire, invisible pour la plupart des passagers.

 

Conclusion : une croisière hors du commun

Cette croisière sur le MSC Preziosa fut à la fois différente et complémentaire de nos précédentes expériences. Là où les Caraïbes nous avaient séduits par leur chaleur et leur insouciance, le Grand Nord nous a impressionnés par sa puissance et sa sérénité.

 

Nous sommes revenus changés, enrichis de paysages inoubliables et de moments rares : des élans dans les rues de Longyearbyen, le globe du Cap Nord, les lumières irréelles du soleil de minuit…

Autant d’images qui resteront gravées comme une parenthèse unique au bout du monde.

 

Ulrich & Sidara

CHAPITRE 3 — Un diagnostic rassurant

Entrez votre te

L’infirmerie du MS Aurora Majestic ne ressemblait pas à un hôpital.

C’était volontaire.

Lumières douces. Couleurs claires. Écrans discrets. Odeur neutre. Tout était pensé pour rappeler aux passagers qu’ils étaient en vacances, même lorsqu’ils ne se sentaient plus très bien. Ici, on ne parlait pas de blessure, mais de fatigue. Pas de malaise, mais de petit incident. Pas de douleur, mais d’inconfort passager.

La vérité médicale, à bord, commençait toujours par le choix des mots.

Le docteur Adrian Volkov referma le dossier avec un soupir mesuré. Cinquante ans passés, une carrière longue et propre, trop propre pour être totalement honnête. Il avait vu des ports, des corps, des tempêtes humaines et mécaniques. Il savait reconnaître une urgence. Et surtout, il savait reconnaître ce qu’on attendait de lui.

Sur le lit d’examen, le passager respirait lentement, yeux fermés, perfusion légère au bras. Un homme d’une quarantaine d’années, corpulence normale, aucune pathologie déclarée. Il avait été amené là moins d’une heure plus tôt, trouvé assis sur un banc du pont 8, promenade bâbord avant, incapable de se relever seul.

— Vertige brutal, avait dit l’agent de sécurité.

— Chute ? avait demandé Volkov.

— Non. Enfin… il ne sait pas.

Volkov avait hoché la tête. Il ne sait pas était souvent la version la plus pratique.

Il se tourna vers l’infirmière, jeune, appliquée, encore trop rigide pour le monde flottant dans lequel elle travaillait.

— Constantes stables, dit-elle. Tension un peu basse à l’arrivée, mais revenue à la normale. Pupilles réactives. Aucun traumatisme visible.

Volkov acquiesça.

— Vous pouvez noter : malaise vagal probable. Déshydratation légère. Fatigue liée au voyage.

Il savait que l’infirmière écrirait exactement ces mots. Elle n’en changerait pas un. Elle n’oserait pas.

— Docteur… murmura-t-elle, hésitante. Il avait une marque sur l’avant-bras. Comme une ecchymose récente. Mais… elle ne correspond pas à une chute.

Volkov la fixa calmement.

— Les ecchymoses, dit-il, sont souvent trompeuses.

Il marqua une pause.

— Et les passagers aussi.

L’infirmière baissa les yeux. Elle nota.

Dans la salle d’isolement attenante, séparée par une vitre sans tain, un autre patient attendait. Une femme cette fois, la trentaine, visiblement choquée, mais pas blessée. Elle avait été trouvée à proximité, sur la promenade, quelques minutes après le malaise de l’homme. Elle n’avait rien vu, selon sa version. Rien entendu non plus. Juste… une impression étrange.

— Elle n’est pas blessée, docteur, dit l’infirmière. Elle demande à repartir.

Volkov réfléchit une seconde.

— Qu’elle reparte, dit-il. Et qu’on lui conseille du repos.

Il savait que trop retenir quelqu’un était parfois plus suspect que de le laisser partir.

Il s’approcha ensuite du poste informatique, inséra son badge, ouvrit le logiciel médical central. Le dossier du passager clignotait encore : STATUT À VALIDER.

Il relut les constantes. Elles étaient cohérentes. Presque trop.

Volkov posa ses lunettes sur le bureau, se frotta les yeux. Il se souvenait de la formation. De la phrase exacte du contrat.

La mission du service médical est d’assurer la continuité de la croisière dans des conditions de sécurité optimales.

La continuité. Toujours ce mot.

Il valida le dossier.

DIAGNOSTIC FINAL : MALAISE BÉNIN — SANS SUITE.

 

À cet instant précis, sur le pont 13, la salle de sécurité recevait la notification. Le Chef de la Sécurité jeta un œil rapide au rapport médical.

— Donc rien, dit-il.

— Rien, confirma l’agent.

Le Chef hocha la tête et passa à l’écran suivant.

Rien n’exigeait d’action. Rien, officiellement.

 

Sur le pont 7, Claire Delmas marchait d’un pas calme, mais son esprit ne cessait de tourner. Elle avait quitté la cabine 742 quelques minutes plus tôt, après avoir confié le passager à Élias et au service de sécurité. L’enveloppe était restée sur le bureau. Elle n’avait pas été ouverte. Pas encore.

Mais la sonnerie du téléphone, la voix filtrée, et maintenant ce malaise sur le pont 8… tout se mettait à se répondre, comme des pièces d’un puzzle qu’on n’avait pas demandé.

Elle s’arrêta devant un panneau directionnel, fit semblant d’hésiter, puis changea discrètement de trajectoire.

Pont 3. Infirmerie.

Elle avait une raison officielle : vérifier l’état du passager pour rassurer d’éventuels proches. Une responsable des excursions se devait d’être humaine, attentive.

Et une raison officieuse : son instinct.

À l’accueil de l’infirmerie, l’infirmière la reconnut aussitôt.

— Tout va bien ? demanda Claire avec son sourire public.

— Oui, oui. Un petit malaise. Rien de grave.

Toujours ce mot.

— Je peux voir le médecin ? demanda Claire. Juste une minute.

L’infirmière hésita, puis hocha la tête et disparut dans l’arrière-salle.

Volkov apparut quelques secondes plus tard. Il ajusta sa blouse, afficha une expression professionnelle.

— Madame Delmas.

— Docteur. Je voulais simplement m’assurer que le passager allait bien. Il était… un peu secoué.

Volkov sourit. Un sourire maîtrisé.

— C’est normal, dit-il. Première journée. Fatigue, stress du voyage. Le corps parle parfois un peu trop fort.

Claire inclina la tête, attentive.

— Et la marque sur son bras ? demanda-t-elle doucement.

Le sourire de Volkov ne disparut pas, mais quelque chose se crispa derrière ses yeux.

— Vous êtes très observatrice.

— C’est mon métier.

— Une ecchymose, répondit-il. Probablement antérieure à l’embarquement. Rien qui indique un incident à bord.

— Vous êtes sûr ?

Il la regarda droit dans les yeux.

— Absolument.

Claire le crut. Ou plutôt… elle crut qu’il croyait à ce qu’il disait.

— Parfait, dit-elle. Merci, docteur.

Elle se tourna pour partir, puis s’arrêta.

— Une dernière chose. Vous avez noté l’heure exacte du malaise ?

— Bien sûr.

— Et… elle correspond à quoi, exactement ?

Volkov sentit la question. Il sut qu’elle n’était pas innocente.

— À rien de particulier, répondit-il. Juste après le départ.

Claire sourit.

— Évidemment.

Elle sortit.

Dans le couloir du pont 3, éclairé par des néons sans âme, elle inspira profondément. Le navire vibrait sous ses pieds, presque imperceptiblement. Une vibration qu’elle n’aurait jamais remarquée si elle n’avait pas déjà eu un doute.

 

Au même moment, Élias Morel consultait un rapport de sécurité dans un bureau secondaire du pont 13. Il lut la ligne médicale.

Malaise bénin — aucune conséquence.

Il posa la tablette. Il connaissait ce type de formulation. Trop lisse. Trop parfaite.

Il se souvenait d’un autre rapport, des années plus tôt. Un autre corps. Une autre mer. Et les mêmes mots soigneusement choisis.

Il murmura pour lui-même :

— Toujours la même histoire.

Sur la passerelle, la Capitaine Sofia Rinaldi recevait les synthèses de fin d’après-midi. Météo stable. Cap maintenu. Machines dans la tolérance. Incident médical mineur.

Elle valida d’un geste.

Chaque validation était une pierre posée sur le même chemin.

 

Au pont 3, Volkov resta seul quelques instants dans son bureau. Il regarda l’écran médical encore ouvert. Le curseur clignotait au bas du dossier, comme s’il attendait qu’on ajoute quelque chose.

Il ne le fit pas.

À la place, il ouvrit un autre fichier. Un registre interne, moins visible, réservé à son usage personnel. Il y nota une phrase, brève, qu’il n’enverrait jamais.

La blessure ne correspond pas à la version officielle.

Puis il ferma le fichier sans l’enregistrer.

Parce qu’à bord du MS Aurora Majestic, il y avait deux vérités.

Celle qu’on écrivait. Et celle qu’on apprenait à taire.

Et pendant que les passagers dînaient, riaient et levaient leurs verres à la première nuit en mer, le navire continuait d’avancer.

Avec un diagnostic rassurant. Et un mensonge de plus soigneusement intégré au système.

 

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Après des croisières tropicales aux Caraïbes, nous rêvions d’un contraste total. En juin 2025, nous avons embarqué à Hambourg pour une destination presque irréelle : le Svalbard et la Norvège.

À bord du MSC Preziosa, nous allions découvrir glaciers, fjords et soleil de minuit, dans une croisière aussi dépaysante que spectaculaire.

 

Le départ : Hambourg, direction le Grand Nord

Contrairement aux départs transatlantiques, rejoindre Hambourg fut simple et rassurant : moins loin qu’un vol pour Miami, donc moins de stress à l’idée de rater le navire.

Le MSC Preziosa nous attendait, majestueux, avec ses reflets verts et ses lignes élégantes. Dès l’embarquement, l’excitation était là : nous partions à la découverte d’un monde polaire, très loin de nos souvenirs de cocotiers.

 

Escale 1 : Ålesund et les 418 marches du mont Aksla

Le soleil n’était pas au rendez-vous, mais qu’importe : sous un ciel gris, nous avons décidé de grimper les 418 marches du mont Aksla. Pour nous qui ne sommes pas sportifs, c’était un vrai défi ! Heureusement, on peut faire des pauses régulièrement, et l’effort fut largement récompensé : au sommet, une vue imprenable sur la ville et la baie.La descente fut plus douce, avant de flâner dans les rues colorées d’Ålesund.

 

Escale 2 : Hammerfest, au sommet du Gammelvein

À Hammerfest, la ville la plus septentrionale du monde, nous avons commencé par une balade tranquille dans les rues, puis décidé de prendre de la hauteur. Direction le sommet du Gammelvein : une montée accessible mais impressionnante, offrant un panorama saisissant sur la ville et la baie, avec notre navire en toile de fond.

 

Escale 3 : Honningsvåg et le Cap Nord

L’un des moments forts de cette croisière. Depuis Honningsvåg, nous avons rejoint le mythique Cap Nord et son célèbre globe terrestre. Là-haut, face au vent et à l’océan infini, nous avons ressenti cette impression d’être au bout du monde. Le musée, très instructif, a complété la visite.

L’après-midi, retour en ville pour une promenade plus douce, encore imprégnés de cette matinée unique.

 

Escale 4 : Longyearbyen, Spitzberg – le Svalbard, presque au bout du monde

C’était l’escale que nous attendions le plus. Arrivés à Longyearbyen, au Svalbard, c’est poser le pied dans un lieu hors du temps. Nous avons participé à une excursion vers le Camp Barentz, un ancien camp où nous avons rencontré des chiens de traîneaux. Escortés par un guide armé (obligatoire en dehors de la ville, à cause des ours polaires), nous avons découvert à quel point la vie ici est étroitement liée à la nature.

L’après-midi, en flânant dans la petite ville, nous avons croisé des élans : preuve vivante que l’homme et la nature cohabitent encore harmonieusement dans cette région du monde.

 

Escale 5 : Tromsø, la porte de l’Arctique

À Tromsø, nous avons choisi la simplicité. Un bus de ville nous a menés jusqu’au musée polaire, très complet, avec des guides papiers en français. Puis, balade en ville et visite de la célèbre Cathédrale Arctique. Son architecture extérieure est impressionnante, mais l’intérieur nous a laissés sur notre faim : sobre, presque trop. Nous aurions aimé prendre le téléphérique pour admirer la vue panoramique, mais il était malheureusement en maintenance. Une petite déception, mais vite oubliée dans la richesse du reste.

 

Escale 6 : Leknes, les îles Lofoten

Les Lofoten étaient à la hauteur de leur réputation : paysages à couper le souffle. Nous avions réservé une excursion vers le village de Reine, carte postale vivante avec ses maisons rouges sur pilotis.

Seul regret : une organisation approximative qui nous a laissés seulement 25 minutes sur place, au lieu d’une heure prévue. Trop court pour savourer pleinement, mais assez pour graver des images inoubliables.

 

Escale 7 : Bergen, entre panorama et marché au poisson

Dernière escale avant le retour. À Bergen, nous avons profité d’une promenade matinale dans le centre, avant de prendre le funiculaire du mont Fløyen. Là-haut, un panorama spectaculaire s’ouvrait sur la ville, les montagnes et la mer. De retour en ville, nous avons terminé par la visite du marché au poisson, une expérience gourmande et authentique.

 

Retour à Hambourg : la fin de l’aventure… et une grève imprévue

Le retour à Hambourg ne fut pas de tout repos. Une grève des contrôleurs aériens perturba notre retour en France. Air France ne nous fut pas d’une grande aide, et nous avons dû improviser : chercher un hôtel, trouver où manger… À ce jour, nous attendons encore les remboursements. Mais cette mésaventure fera sans doute l’objet d’un autre article !

 

Des expériences uniques : le soleil de minuit et les coulisses du navire

Au-delà des escales, deux expériences marqueront cette croisière à jamais.

 

Le soleil de minuit : du 21 juin au 2 juillet, le soleil ne s’est jamais couché. Vivre sous une lumière constante, jour et nuit, est une expérience troublante mais fascinante. Regarder la mer à “minuit” sous un ciel doré restera gravé dans nos mémoires.

 

La visite des coulisses du Preziosa : nous avons eu la chance de découvrir l’envers du décor. Des ponts inférieurs avec la salle des machines jusqu’à la passerelle de commandement, des cuisines gigantesques aux laveries industrielles, sans oublier les coulisses des spectacles et les espaces du personnel. Une plongée dans le cœur battant du navire, invisible pour la plupart des passagers.

 

Conclusion : une croisière hors du commun

Cette croisière sur le MSC Preziosa fut à la fois différente et complémentaire de nos précédentes expériences. Là où les Caraïbes nous avaient séduits par leur chaleur et leur insouciance, le Grand Nord nous a impressionnés par sa puissance et sa sérénité.

 

Nous sommes revenus changés, enrichis de paysages inoubliables et de moments rares : des élans dans les rues de Longyearbyen, le globe du Cap Nord, les lumières irréelles du soleil de minuit…

Autant d’images qui resteront gravées comme une parenthèse unique au bout du monde.

 

Ulrich & Sidara

 

Après des croisières tropicales aux Caraïbes, nous rêvions d’un contraste total. En juin 2025, nous avons embarqué à Hambourg pour une destination presque irréelle : le Svalbard et la Norvège.

À bord du MSC Preziosa, nous allions découvrir glaciers, fjords et soleil de minuit, dans une croisière aussi dépaysante que spectaculaire.

 

Le départ : Hambourg, direction le Grand Nord

Contrairement aux départs transatlantiques, rejoindre Hambourg fut simple et rassurant : moins loin qu’un vol pour Miami, donc moins de stress à l’idée de rater le navire.

Le MSC Preziosa nous attendait, majestueux, avec ses reflets verts et ses lignes élégantes. Dès l’embarquement, l’excitation était là : nous partions à la découverte d’un monde polaire, très loin de nos souvenirs de cocotiers.

 

Escale 1 : Ålesund et les 418 marches du mont Aksla

Le soleil n’était pas au rendez-vous, mais qu’importe : sous un ciel gris, nous avons décidé de grimper les 418 marches du mont Aksla. Pour nous qui ne sommes pas sportifs, c’était un vrai défi ! Heureusement, on peut faire des pauses régulièrement, et l’effort fut largement récompensé : au sommet, une vue imprenable sur la ville et la baie.La descente fut plus douce, avant de flâner dans les rues colorées d’Ålesund.

 

Escale 2 : Hammerfest, au sommet du Gammelvein

À Hammerfest, la ville la plus septentrionale du monde, nous avons commencé par une balade tranquille dans les rues, puis décidé de prendre de la hauteur. Direction le sommet du Gammelvein : une montée accessible mais impressionnante, offrant un panorama saisissant sur la ville et la baie, avec notre navire en toile de fond.

 

Escale 3 : Honningsvåg et le Cap Nord

L’un des moments forts de cette croisière. Depuis Honningsvåg, nous avons rejoint le mythique Cap Nord et son célèbre globe terrestre. Là-haut, face au vent et à l’océan infini, nous avons ressenti cette impression d’être au bout du monde. Le musée, très instructif, a complété la visite.

L’après-midi, retour en ville pour une promenade plus douce, encore imprégnés de cette matinée unique.

 

Escale 4 : Longyearbyen, Spitzberg – le Svalbard, presque au bout du monde

C’était l’escale que nous attendions le plus. Arrivés à Longyearbyen, au Svalbard, c’est poser le pied dans un lieu hors du temps. Nous avons participé à une excursion vers le Camp Barentz, un ancien camp où nous avons rencontré des chiens de traîneaux. Escortés par un guide armé (obligatoire en dehors de la ville, à cause des ours polaires), nous avons découvert à quel point la vie ici est étroitement liée à la nature.

L’après-midi, en flânant dans la petite ville, nous avons croisé des élans : preuve vivante que l’homme et la nature cohabitent encore harmonieusement dans cette région du monde.

 

Escale 5 : Tromsø, la porte de l’Arctique

À Tromsø, nous avons choisi la simplicité. Un bus de ville nous a menés jusqu’au musée polaire, très complet, avec des guides papiers en français. Puis, balade en ville et visite de la célèbre Cathédrale Arctique. Son architecture extérieure est impressionnante, mais l’intérieur nous a laissés sur notre faim : sobre, presque trop. Nous aurions aimé prendre le téléphérique pour admirer la vue panoramique, mais il était malheureusement en maintenance. Une petite déception, mais vite oubliée dans la richesse du reste.

 

Escale 6 : Leknes, les îles Lofoten

Les Lofoten étaient à la hauteur de leur réputation : paysages à couper le souffle. Nous avions réservé une excursion vers le village de Reine, carte postale vivante avec ses maisons rouges sur pilotis.

Seul regret : une organisation approximative qui nous a laissés seulement 25 minutes sur place, au lieu d’une heure prévue. Trop court pour savourer pleinement, mais assez pour graver des images inoubliables.

 

Escale 7 : Bergen, entre panorama et marché au poisson

Dernière escale avant le retour. À Bergen, nous avons profité d’une promenade matinale dans le centre, avant de prendre le funiculaire du mont Fløyen. Là-haut, un panorama spectaculaire s’ouvrait sur la ville, les montagnes et la mer. De retour en ville, nous avons terminé par la visite du marché au poisson, une expérience gourmande et authentique.

 

Retour à Hambourg : la fin de l’aventure… et une grève imprévue

Le retour à Hambourg ne fut pas de tout repos. Une grève des contrôleurs aériens perturba notre retour en France. Air France ne nous fut pas d’une grande aide, et nous avons dû improviser : chercher un hôtel, trouver où manger… À ce jour, nous attendons encore les remboursements. Mais cette mésaventure fera sans doute l’objet d’un autre article !

 

Des expériences uniques : le soleil de minuit et les coulisses du navire

Au-delà des escales, deux expériences marqueront cette croisière à jamais.

 

Le soleil de minuit : du 21 juin au 2 juillet, le soleil ne s’est jamais couché. Vivre sous une lumière constante, jour et nuit, est une expérience troublante mais fascinante. Regarder la mer à “minuit” sous un ciel doré restera gravé dans nos mémoires.

 

La visite des coulisses du Preziosa : nous avons eu la chance de découvrir l’envers du décor. Des ponts inférieurs avec la salle des machines jusqu’à la passerelle de commandement, des cuisines gigantesques aux laveries industrielles, sans oublier les coulisses des spectacles et les espaces du personnel. Une plongée dans le cœur battant du navire, invisible pour la plupart des passagers.

 

Conclusion : une croisière hors du commun

Cette croisière sur le MSC Preziosa fut à la fois différente et complémentaire de nos précédentes expériences. Là où les Caraïbes nous avaient séduits par leur chaleur et leur insouciance, le Grand Nord nous a impressionnés par sa puissance et sa sérénité.

 

Nous sommes revenus changés, enrichis de paysages inoubliables et de moments rares : des élans dans les rues de Longyearbyen, le globe du Cap Nord, les lumières irréelles du soleil de minuit…

Autant d’images qui resteront gravées comme une parenthèse unique au bout du monde.

 

Ulrich & Sidara