Le Navire ne s'arrête jamais

Notre toute première croisière : Juin 2012, à bord du Carnival Victory

 

Nous nous souvenons encore de ce mois de juin 2012.

Nous étions fébriles, excités comme des enfants avant Noël. Une première fois a toujours quelque chose de magique… et cette fois-là, elle allait marquer un tournant dans notre façon de voyager.

 

L’avant-goût du départ : une nuit à San Juan

Nous avions décidé d’arriver la veille de l’embarquement, afin d’éviter le stress d’un vol le jour même.

Nous avons passé la nuit à l’hôtel Verdanza, situé à Isla Verde, non loin de la plage.

Le lendemain matin, le cœur battant, nous avons pris notre transfert vers le port.

C’est à ce moment précis, en arrivant près du terminal de croisière, que nous avons aperçu pour la première fois le Carnival Victory de chez Carnival Cruise Line.

 

Nous étions littéralement impressionnés par sa taille. Avec le recul, ce navire serait considéré comme “petit” comparé aux géants d’aujourd’hui, mais en 2012, pour nous, il avait tout d’une véritable ville flottante. Ce premier regard a suffi à faire monter l’excitation et l’impatience.

 

Embarquement : la découverte d’un nouveau monde

Une fois les formalités passées, nous avons franchi la passerelle. Et là, tout s’est accéléré.

Nous nous sommes retrouvés dans le grand atrium, immense, baigné de lumière, surplombé d’ascenseurs en verre. Nous étions éblouis, mais aussi complètement perdus.

Chaque couloir semblait infini, chaque escalier menait à un nouveau lieu. Heureusement, des membres d’équipage, souriants et bienveillants, étaient partout. Ils nous ont guidés, aidés à trouver nos repères. Et déjà, nous sentions cette chaleur humaine propre aux croisières, ce sentiment d’être attendus, accueillis.

 

La cabine : une agréable surprise

Pour cette première croisière, nous avions choisi une cabine avec vue mer.

Nous nous attendions à un espace réduit, étroit, presque minimaliste. Et pourtant… quelle surprise en ouvrant la porte !

La cabine était bien plus grande que ce que nous pensions.

En plus du lit king-size, nous avions un coin canapé avec une petite table basse, de nombreux rangements astucieux, et une salle de bain spacieuse, plus confortable que dans certains hôtels à terre...

Mais le véritable luxe, c’était ce sabord donnant sur la mer (et non, ce n’était pas un hublot !). Chaque matin, ouvrir les yeux sur l’océan infini fut une sensation indescriptible. Ce fut sans doute l’une des plus belles découvertes de ce premier voyage : s’endormir et se réveiller avec la mer comme décor.

 

Les escales : six étapes, six émerveillements

 

Saint-Thomas

Première escale, première aventure. Un taxi, et nous voilà à Coki Point Beach.

C’est ici que nous avons vécu notre toute première baignade dans la mer des Caraïbes. Le moment restera à jamais gravé dans nos mémoires : l’eau d’un turquoise éclatant, la douceur du sable, et surtout… tous ces poissons colorés qui nageaient autour de nous, visibles à l’œil nu, sans masque ni tuba.

Un baptême des Caraïbes magique, inoubliable, qui symbolise à lui seul tout ce que nous allions aimer dans les croisières.

 

La Barbade

Un matin inoubliable : plonger en sous-marin avec Atlantis Submarines Barbados.

Voir les fonds marins défiler derrière les hublots, comme dans un rêve éveillé. L’après-midi ? Retour aux plaisirs simples : la plage, le soleil, et l’impression de vivre une journée parfaite.

 

Sainte-Lucie

Un coup de cœur absolu.

Nous avions réservé un tour avec Cosol Tours, et ce fut une journée riche et authentique. Panoramas volcaniques, villages, plantations… et ce repas typique partagé avec d’autres voyageurs. C’était plus qu’une excursion : c’était une rencontre avec une île vivante et chaleureuse.

 

Saint-Kitts

Ici, nous avons improvisé. Pas de plan précis, juste un taxi et une envie de découvrir .Notre chauffeuse s’est révélée incroyable de gentillesse : elle s’est arrêtée pour nous offrir une pause photo inoubliable.

Face à nous, un spectacle unique : l’endroit où la mer des Caraïbes et l’océan Atlantique ne sont séparés que par un mince bras de terre. Voir ces deux immensités se frôler ainsi fut un moment fort, presque irréel. Puis direction la plage, pour une journée simple mais mémorable.

 

Saint-Martin

Dernière escale, comme un bouquet final.

Un tour organisé nous a emmenés à travers les deux visages de l’île : la partie française et la partie néerlandaise. Et pour clore la journée, un après-midi de détente sur la plage de Great Bay. Le sable, la mer, et cette douce mélancolie de la fin d’un voyage.

Puis vint le retour à San Juan, les valises pleines de souvenirs et le cœur encore plus.

 

La vie à bord : un spectacle permanent

Mais les escales n’étaient qu’une partie de l’aventure. À bord, chaque journée était une fête. Les soirées se terminaient par des spectacles dignes de Broadway, éblouissants d’énergie et de créativité.

L’équipe d’animation, la Fun Squad, ne s’arrêtait jamais : jeux, danse, musique, activités en tout genre.

Et que dire de la nourriture…Une diversité incroyable, du matin au soir. Buffets, plats raffinés, découvertes culinaires : impossible de s’ennuyer. Nous avions l’impression d’être dans un monde où chaque instant était pensé pour surprendre et émerveiller.

 

Et après ?

Au départ, nous pensions que ce serait notre seule croisière. Une parenthèse, une expérience unique à vivre une fois.

Mais dès notre retour à la maison, une question revenait sans cesse : “Quand repartons-nous ?

Cette première croisière a été le point de départ d’une passion. Une passion qui, depuis, nous a conduits à multiplier les voyages en mer, à découvrir d’autres navires, d’autres horizons… et qui continue de nous faire rêver à chaque nouvel embarquement.

 

Ulrich & Sidara

Sommaire

Notre toute première croisière : Juin 2012, à bord du Carnival Victory

 

Nous nous souvenons encore de ce mois de juin 2012.

Nous étions fébriles, excités comme des enfants avant Noël. Une première fois a toujours quelque chose de magique… et cette fois-là, elle allait marquer un tournant dans notre façon de voyager.

 

L’avant-goût du départ : une nuit à San Juan

Nous avions décidé d’arriver la veille de l’embarquement, afin d’éviter le stress d’un vol le jour même.

Nous avons passé la nuit à l’hôtel Verdanza, situé à Isla Verde, non loin de la plage.

Le lendemain matin, le cœur battant, nous avons pris notre transfert vers le port.

C’est à ce moment précis, en arrivant près du terminal de croisière, que nous avons aperçu pour la première fois le Carnival Victory de chez Carnival Cruise Line.

 

Nous étions littéralement impressionnés par sa taille. Avec le recul, ce navire serait considéré comme “petit” comparé aux géants d’aujourd’hui, mais en 2012, pour nous, il avait tout d’une véritable ville flottante. Ce premier regard a suffi à faire monter l’excitation et l’impatience.

 

Embarquement : la découverte d’un nouveau monde

Une fois les formalités passées, nous avons franchi la passerelle. Et là, tout s’est accéléré.

Nous nous sommes retrouvés dans le grand atrium, immense, baigné de lumière, surplombé d’ascenseurs en verre. Nous étions éblouis, mais aussi complètement perdus.

Chaque couloir semblait infini, chaque escalier menait à un nouveau lieu. Heureusement, des membres d’équipage, souriants et bienveillants, étaient partout. Ils nous ont guidés, aidés à trouver nos repères. Et déjà, nous sentions cette chaleur humaine propre aux croisières, ce sentiment d’être attendus, accueillis.

 

La cabine : une agréable surprise

Pour cette première croisière, nous avions choisi une cabine avec vue mer.

Nous nous attendions à un espace réduit, étroit, presque minimaliste. Et pourtant… quelle surprise en ouvrant la porte !

La cabine était bien plus grande que ce que nous pensions.

En plus du lit king-size, nous avions un coin canapé avec une petite table basse, de nombreux rangements astucieux, et une salle de bain spacieuse, plus confortable que dans certains hôtels à terre...

Mais le véritable luxe, c’était ce sabord donnant sur la mer (et non, ce n’était pas un hublot !). Chaque matin, ouvrir les yeux sur l’océan infini fut une sensation indescriptible. Ce fut sans doute l’une des plus belles découvertes de ce premier voyage : s’endormir et se réveiller avec la mer comme décor.

 

Les escales : six étapes, six émerveillements

 

Saint-Thomas

Première escale, première aventure. Un taxi, et nous voilà à Coki Point Beach.

C’est ici que nous avons vécu notre toute première baignade dans la mer des Caraïbes. Le moment restera à jamais gravé dans nos mémoires : l’eau d’un turquoise éclatant, la douceur du sable, et surtout… tous ces poissons colorés qui nageaient autour de nous, visibles à l’œil nu, sans masque ni tuba.

Un baptême des Caraïbes magique, inoubliable, qui symbolise à lui seul tout ce que nous allions aimer dans les croisières.

 

La Barbade

Un matin inoubliable : plonger en sous-marin avec Atlantis Submarines Barbados.

Voir les fonds marins défiler derrière les hublots, comme dans un rêve éveillé. L’après-midi ? Retour aux plaisirs simples : la plage, le soleil, et l’impression de vivre une journée parfaite.

 

Sainte-Lucie

Un coup de cœur absolu.

Nous avions réservé un tour avec Cosol Tours, et ce fut une journée riche et authentique. Panoramas volcaniques, villages, plantations… et ce repas typique partagé avec d’autres voyageurs. C’était plus qu’une excursion : c’était une rencontre avec une île vivante et chaleureuse.

 

Saint-Kitts

Ici, nous avons improvisé. Pas de plan précis, juste un taxi et une envie de découvrir .Notre chauffeuse s’est révélée incroyable de gentillesse : elle s’est arrêtée pour nous offrir une pause photo inoubliable.

Face à nous, un spectacle unique : l’endroit où la mer des Caraïbes et l’océan Atlantique ne sont séparés que par un mince bras de terre. Voir ces deux immensités se frôler ainsi fut un moment fort, presque irréel. Puis direction la plage, pour une journée simple mais mémorable.

 

Saint-Martin

Dernière escale, comme un bouquet final.

Un tour organisé nous a emmenés à travers les deux visages de l’île : la partie française et la partie néerlandaise. Et pour clore la journée, un après-midi de détente sur la plage de Great Bay. Le sable, la mer, et cette douce mélancolie de la fin d’un voyage.

Puis vint le retour à San Juan, les valises pleines de souvenirs et le cœur encore plus.

 

La vie à bord : un spectacle permanent

Mais les escales n’étaient qu’une partie de l’aventure. À bord, chaque journée était une fête. Les soirées se terminaient par des spectacles dignes de Broadway, éblouissants d’énergie et de créativité.

L’équipe d’animation, la Fun Squad, ne s’arrêtait jamais : jeux, danse, musique, activités en tout genre.

Et que dire de la nourriture…Une diversité incroyable, du matin au soir. Buffets, plats raffinés, découvertes culinaires : impossible de s’ennuyer. Nous avions l’impression d’être dans un monde où chaque instant était pensé pour surprendre et émerveiller.

 

Et après ?

Au départ, nous pensions que ce serait notre seule croisière. Une parenthèse, une expérience unique à vivre une fois.

Mais dès notre retour à la maison, une question revenait sans cesse : “Quand repartons-nous ?

Cette première croisière a été le point de départ d’une passion. Une passion qui, depuis, nous a conduits à multiplier les voyages en mer, à découvrir d’autres navires, d’autres horizons… et qui continue de nous faire rêver à chaque nouvel embarquement.

 

Ulrich & Sidara

PROLOGUE - Le navire ne s’arrête jamais

La mer était d’un noir parfait, sans lune, comme si le ciel avait choisi d’oublier l’horizon. À cette heure-là, l’océan n’était plus un décor, mais une matière vivante, silencieuse, qui avalait la lumière et rendait chaque bruit plus dense.

Le MS Aurora Majestic avançait pourtant avec une assurance tranquille.

Un navire en mouvement, sans public pour le regarder.

Il n’y avait pas de musique. Pas de rires. Pas de pas pressés dans les couloirs. Aucun parfum de buffet, aucune annonce joyeuse dans les haut-parleurs. Les ponts passagers étaient éteints, vides, encore vierges de la foule qui, un jour, viendrait y croire.

Ce soir-là, le navire n’était pas un palace flottant.

Il était un système en marche.

Sur la passerelle, au pont 16, la Capitaine Sofia Rinaldi observait le noir devant l’étrave. Elle ne bougeait presque pas. Ses mains restaient posées à plat sur la console comme sur une table de négociation. À sa droite, le commandant en second relisait une check-list, ligne par ligne, sans la moindre passion. À sa gauche, un officier de quart surveillait des écrans qui n’étaient pas censés exister sur un navire destiné à divertir.

Plus bas, au pont 13, la salle de sécurité ronronnait d’une activité contenue. Les murs étaient couverts de moniteurs : ponts, ascenseurs, couloirs, zones techniques, portes coupe-feu, escaliers de secours. Des rectangles de lumière, des angles morts, des lignes de temps.

Et au milieu de ces écrans, un détail faisait tache.

Une icône grisée. Une caméra muette. Un angle mort exactement là où il n’aurait jamais dû y en avoir.

— On la réinitialise ? demanda un agent, voix basse, comme si le navire pouvait entendre.

Le Chef de la Sécurité ne répondit pas tout de suite. Il fixait le moniteur comme on fixe une photo dont on attend qu’elle se mette à parler.

— Non, dit-il enfin. Note “défaillance temporaire”. Et passe à la suite.

Le mot “temporaire” se posa là comme une couverture trop fine.

Au même moment, au pont 17, dans la pièce des serveurs, la température était volontairement maintenue trop basse. Il fallait que la machine respire. Il fallait qu’elle ne surchauffe jamais. Un jeune technicien, Noah Keller, se frottait les mains pour chasser l’engourdissement. Ses doigts tremblaient plus qu’ils ne le devaient.

Il n’avait pas l’habitude d’être sur un navire.

Il n’avait pas l’habitude, surtout, de se sentir observé par des appareils.

Sur les racks métalliques, des diodes clignotaient avec une régularité rassurante. Un bruit de ventilation, constant, presque un souffle. Noah relut une fois encore le ticket de maintenance dans sa poche. Trois lignes, rien de plus.

Rack serveur B : vérification logs / purge programmée
Fenêtre : 00:30–01:00
Autorisation : prioritaire

“Prioritaire” l’avait fait sourire, au début.

Puis, il avait découvert que même la passerelle n’était pas “prioritaire”.

Noah entra son code. Une seconde demande apparut. Il fronça les sourcils.

Clé de validation : requise.

Il n’en avait pas. Il n’aurait pas dû en avoir besoin. Un pas résonna derrière lui.

Noah se retourna d’un coup.

Un homme se tenait dans l’encadrement de la porte. Veste sombre. Poids calme. Rien d’expressif dans le visage, seulement une présence. Un badge, oui, mais orienté de biais, comme si le porteur ne voulait pas qu’on le lise.

— Keller, dit l’homme. C’est ça ?

Noah avala sa salive.

— Oui… Je… je n’ai pas reçu la clé de validation.

L’homme tendit une petite carte noire, fine, sans logo.

— Utilise celle-là.

Noah hésita une demi-seconde. L’autre ne bougeait pas.

— Vous êtes… vous êtes du service informatique ?

Un sourire minuscule, sans chaleur.

— Disons que je suis du service “continuité”.

Noah posa la carte sur le lecteur. La console fit un bip court et docile. La porte du Rack B se déverrouilla.

Sur l’écran, les logs apparurent comme une rivière de lignes et d’horodatages. Noah en reconnut certains, banals : ouvertures de sessions, accès au réseau interne, échanges satellites. Puis ses yeux accrochèrent autre chose.

Des chaînes de données portant un identifiant qui n’avait rien à faire là.

AUR-MJ / MODULE OBSERVATION / ACTIVE

Noah sentit son souffle se raccourcir. Il prit une inspiration lente, comme pour empêcher son corps de réagir avant son cerveau.

— C’est… c’est quoi, ça ?

L’homme derrière lui répondit sans regarder l’écran.

— Ce que le navire a été conçu pour faire.

Noah se figea.

— Mais… c’est un navire de croisière.

— C’est un navire, dit l’homme. Le reste est une histoire qu’on raconte.

Noah fit défiler.

Il vit une suite d’horodatages, à la seconde près. Et une colonne intitulée :

CAPTEURS PASSAGERS.

Il y avait des entrées sur la chaleur des corps. Les flux de déplacement. Les regroupements. Les zones de densité. Un schéma d’habitudes. Une cartographie de comportements.

Noah avait déjà travaillé sur des systèmes de surveillance, mais pas sur des systèmes qui appelaient les gens des “variables”.

La main de l’homme se posa sur son épaule. Pas lourdement. Juste assez pour rappeler qui décidait.

— Tu vas faire ce que dit le ticket, Keller.

— La purge… ? demanda Noah, la voix trop aiguë.

— Oui.

Noah regarda la ligne en bas de l’écran :

Purge programmée : 00:47:00.

Il restait trois minutes.

— Pourquoi… pourquoi purger ces logs ?

L’homme eut un silence. Puis :

— Parce que demain, on fera monter du monde. Et le monde n’aime pas savoir qu’il est mesuré.

Noah sentit une colère naïve, immédiate, monter comme une brûlure.

— Mais si quelque chose arrive… si quelqu’un… si…

— Si quelqu’un tombe, tu veux dire ?

Noah se retourna. L’homme le regardait enfin. Son regard n’était pas menaçant. Il était administratif.

— Ça n’arrive pas, Keller. Pas officiellement.

Noah aurait dû reculer. Il aurait dû refuser. Mais la pièce était trop froide et l’homme trop immobile. Un navire trop énorme autour de lui. Et le monde extérieur trop loin.

Il regarda l’écran.

Purge : prêt.

Noah déglutit, puis posa son doigt sur la touche.

Une seconde passa.

Puis les lignes disparurent.

Le Rack B clignota d’une lumière neuve, comme si rien n’avait jamais existé.

En même temps, au pont 13, l’angle mort s’élargit. Une minute plus tard, au pont 8, promenade extérieure, un corps apparut sur un moniteur : une silhouette seule, avançant dans le noir, côté bâbord avant. Là où les caméras se faisaient rares. Là où la mer “écoute”.

La silhouette s’arrêta.

Le Chef de la Sécurité redressa la tête. Il zooma. Le visage était flou. Trop loin. Trop sombre.

— Qui est-ce ? demanda un agent.

— Personne, répondit le Chef de la Sécurité, sans détourner les yeux. Personne d’important.

Sur la passerelle, Sofia Rinaldi reçut un message discret sur l’écran de communication interne.

Rapport : anomalie mineure – promenade bâbord avant.
Action : aucune.
Motif : sécurité système.

Sofia ne demanda pas plus.

Elle relut la phrase. Elle aurait pu répondre. Elle aurait pu ordonner une vérification. Elle aurait pu faire ce qu’un capitaine fait lorsque quelque chose dévie.

Mais elle ne le fit pas. Elle leva simplement les yeux vers le noir devant l’étrave.

Le commandant en second, qui connaissait la règle, se contenta de poser une question.

— On note ?

Sofia resta silencieuse une seconde de trop.

Puis elle dit :

— Non.

Le silence fut une décision.

En bas, dans un couloir technique du pont 4, une porte de service vibra sous un courant d’air. Une odeur de linge propre. La vie invisible du navire. Des pas d’équipage. Une routine.

Le monde continuait.

Même si quelqu’un, dehors, ne continuait plus.

Sur le moniteur du pont 13, la silhouette du pont 8 bougea une dernière fois. Un basculement. Une hésitation. Un geste qui pouvait être volontaire ou pas. Puis… plus rien.

L’écran resta vide.

Le Chef de la Sécurité cligna des yeux, une fois. Il lança le protocole standard. Le système répondit avec une froideur parfaite :

Aucun événement critique détecté.

Sur le pont 17, Noah Keller regardait ses mains. Il avait l’impression d’avoir effacé quelque chose de vivant.

— Je… je viens d’effacer quoi, exactement ? demanda-t-il.

L’homme prit la carte noire, la glissa dans sa poche.

— Un futur problème, dit-il. Et un passé qui ne doit pas remonter.

Il s’approcha de Noah, à peine.

— Tu sais ce qui est le plus précieux, à bord d’un navire ?

Noah secoua la tête.

— Ce n’est pas l’or. Ce n’est pas le luxe. Ce n’est même pas la sécurité.

Il marqua une pause.

— C’est la continuité.

Puis il ajouta, presque doucement :

— Le navire ne s’arrête jamais.

Il quitta la pièce.

Noah resta seul dans le froid artificiel, entouré de machines qui respiraient comme un animal immense. Son regard glissa sur un dossier à demi ouvert, resté dans un coin de l’écran, comme une fenêtre qu’on oublie de fermer.

Un nom. Juste un nom, noyé dans une ancienne liste d’audit.

MOREL, ÉLIAS — accès validé — protocole non standard

Noah sentit son ventre se nouer.

Il ne connaissait pas ce nom. Pas encore.

Et quelque part, sur la passerelle, Sofia Rinaldi regardait le noir. Le MS Aurora Majestic continuait d’avancer. Comme si rien ne s’était produit. Comme si rien ne pouvait jamais être prouvé.

Et, dans le silence du navire en test, avant les rires, avant les cocktails, avant les photos souvenirs, un premier secret venait de se verrouiller.

Pas dans une cabine. Pas dans un coffre. Mais dans la décision de ne pas regarder.

Le navire ne s’arrête jamais.

Et la vérité, elle, commençait seulement à monter.

 

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Notre toute première croisière : Juin 2012, à bord du Carnival Victory

 

Nous nous souvenons encore de ce mois de juin 2012.

Nous étions fébriles, excités comme des enfants avant Noël. Une première fois a toujours quelque chose de magique… et cette fois-là, elle allait marquer un tournant dans notre façon de voyager.

 

L’avant-goût du départ : une nuit à San Juan

Nous avions décidé d’arriver la veille de l’embarquement, afin d’éviter le stress d’un vol le jour même.

Nous avons passé la nuit à l’hôtel Verdanza, situé à Isla Verde, non loin de la plage.

Le lendemain matin, le cœur battant, nous avons pris notre transfert vers le port.

C’est à ce moment précis, en arrivant près du terminal de croisière, que nous avons aperçu pour la première fois le Carnival Victory de chez Carnival Cruise Line.

 

Nous étions littéralement impressionnés par sa taille. Avec le recul, ce navire serait considéré comme “petit” comparé aux géants d’aujourd’hui, mais en 2012, pour nous, il avait tout d’une véritable ville flottante. Ce premier regard a suffi à faire monter l’excitation et l’impatience.

 

Embarquement : la découverte d’un nouveau monde

Une fois les formalités passées, nous avons franchi la passerelle. Et là, tout s’est accéléré.

Nous nous sommes retrouvés dans le grand atrium, immense, baigné de lumière, surplombé d’ascenseurs en verre. Nous étions éblouis, mais aussi complètement perdus.

Chaque couloir semblait infini, chaque escalier menait à un nouveau lieu. Heureusement, des membres d’équipage, souriants et bienveillants, étaient partout. Ils nous ont guidés, aidés à trouver nos repères. Et déjà, nous sentions cette chaleur humaine propre aux croisières, ce sentiment d’être attendus, accueillis.

 

La cabine : une agréable surprise

Pour cette première croisière, nous avions choisi une cabine avec vue mer.

Nous nous attendions à un espace réduit, étroit, presque minimaliste. Et pourtant… quelle surprise en ouvrant la porte !

La cabine était bien plus grande que ce que nous pensions.

En plus du lit king-size, nous avions un coin canapé avec une petite table basse, de nombreux rangements astucieux, et une salle de bain spacieuse, plus confortable que dans certains hôtels à terre...

Mais le véritable luxe, c’était ce sabord donnant sur la mer (et non, ce n’était pas un hublot !). Chaque matin, ouvrir les yeux sur l’océan infini fut une sensation indescriptible. Ce fut sans doute l’une des plus belles découvertes de ce premier voyage : s’endormir et se réveiller avec la mer comme décor.

 

Les escales : six étapes, six émerveillements

 

Saint-Thomas

Première escale, première aventure. Un taxi, et nous voilà à Coki Point Beach.

C’est ici que nous avons vécu notre toute première baignade dans la mer des Caraïbes. Le moment restera à jamais gravé dans nos mémoires : l’eau d’un turquoise éclatant, la douceur du sable, et surtout… tous ces poissons colorés qui nageaient autour de nous, visibles à l’œil nu, sans masque ni tuba.

Un baptême des Caraïbes magique, inoubliable, qui symbolise à lui seul tout ce que nous allions aimer dans les croisières.

 

La Barbade

Un matin inoubliable : plonger en sous-marin avec Atlantis Submarines Barbados.

Voir les fonds marins défiler derrière les hublots, comme dans un rêve éveillé. L’après-midi ? Retour aux plaisirs simples : la plage, le soleil, et l’impression de vivre une journée parfaite.

 

Sainte-Lucie

Un coup de cœur absolu.

Nous avions réservé un tour avec Cosol Tours, et ce fut une journée riche et authentique. Panoramas volcaniques, villages, plantations… et ce repas typique partagé avec d’autres voyageurs. C’était plus qu’une excursion : c’était une rencontre avec une île vivante et chaleureuse.

 

Saint-Kitts

Ici, nous avons improvisé. Pas de plan précis, juste un taxi et une envie de découvrir .Notre chauffeuse s’est révélée incroyable de gentillesse : elle s’est arrêtée pour nous offrir une pause photo inoubliable.

Face à nous, un spectacle unique : l’endroit où la mer des Caraïbes et l’océan Atlantique ne sont séparés que par un mince bras de terre. Voir ces deux immensités se frôler ainsi fut un moment fort, presque irréel. Puis direction la plage, pour une journée simple mais mémorable.

 

Saint-Martin

Dernière escale, comme un bouquet final.

Un tour organisé nous a emmenés à travers les deux visages de l’île : la partie française et la partie néerlandaise. Et pour clore la journée, un après-midi de détente sur la plage de Great Bay. Le sable, la mer, et cette douce mélancolie de la fin d’un voyage.

Puis vint le retour à San Juan, les valises pleines de souvenirs et le cœur encore plus.

 

La vie à bord : un spectacle permanent

Mais les escales n’étaient qu’une partie de l’aventure. À bord, chaque journée était une fête. Les soirées se terminaient par des spectacles dignes de Broadway, éblouissants d’énergie et de créativité.

L’équipe d’animation, la Fun Squad, ne s’arrêtait jamais : jeux, danse, musique, activités en tout genre.

Et que dire de la nourriture…Une diversité incroyable, du matin au soir. Buffets, plats raffinés, découvertes culinaires : impossible de s’ennuyer. Nous avions l’impression d’être dans un monde où chaque instant était pensé pour surprendre et émerveiller.

 

Et après ?

Au départ, nous pensions que ce serait notre seule croisière. Une parenthèse, une expérience unique à vivre une fois.

Mais dès notre retour à la maison, une question revenait sans cesse : “Quand repartons-nous ?

Cette première croisière a été le point de départ d’une passion. Une passion qui, depuis, nous a conduits à multiplier les voyages en mer, à découvrir d’autres navires, d’autres horizons… et qui continue de nous faire rêver à chaque nouvel embarquement.

 

Ulrich & Sidara

Notre toute première croisière : Juin 2012, à bord du Carnival Victory

 

Nous nous souvenons encore de ce mois de juin 2012.

Nous étions fébriles, excités comme des enfants avant Noël. Une première fois a toujours quelque chose de magique… et cette fois-là, elle allait marquer un tournant dans notre façon de voyager.

 

L’avant-goût du départ : une nuit à San Juan

Nous avions décidé d’arriver la veille de l’embarquement, afin d’éviter le stress d’un vol le jour même.

Nous avons passé la nuit à l’hôtel Verdanza, situé à Isla Verde, non loin de la plage.

Le lendemain matin, le cœur battant, nous avons pris notre transfert vers le port.

C’est à ce moment précis, en arrivant près du terminal de croisière, que nous avons aperçu pour la première fois le Carnival Victory de chez Carnival Cruise Line.

 

Nous étions littéralement impressionnés par sa taille. Avec le recul, ce navire serait considéré comme “petit” comparé aux géants d’aujourd’hui, mais en 2012, pour nous, il avait tout d’une véritable ville flottante. Ce premier regard a suffi à faire monter l’excitation et l’impatience.

 

Embarquement : la découverte d’un nouveau monde

Une fois les formalités passées, nous avons franchi la passerelle. Et là, tout s’est accéléré.

Nous nous sommes retrouvés dans le grand atrium, immense, baigné de lumière, surplombé d’ascenseurs en verre. Nous étions éblouis, mais aussi complètement perdus.

Chaque couloir semblait infini, chaque escalier menait à un nouveau lieu. Heureusement, des membres d’équipage, souriants et bienveillants, étaient partout. Ils nous ont guidés, aidés à trouver nos repères. Et déjà, nous sentions cette chaleur humaine propre aux croisières, ce sentiment d’être attendus, accueillis.

 

La cabine : une agréable surprise

Pour cette première croisière, nous avions choisi une cabine avec vue mer.

Nous nous attendions à un espace réduit, étroit, presque minimaliste. Et pourtant… quelle surprise en ouvrant la porte !

La cabine était bien plus grande que ce que nous pensions.

En plus du lit king-size, nous avions un coin canapé avec une petite table basse, de nombreux rangements astucieux, et une salle de bain spacieuse, plus confortable que dans certains hôtels à terre...

Mais le véritable luxe, c’était ce sabord donnant sur la mer (et non, ce n’était pas un hublot !). Chaque matin, ouvrir les yeux sur l’océan infini fut une sensation indescriptible. Ce fut sans doute l’une des plus belles découvertes de ce premier voyage : s’endormir et se réveiller avec la mer comme décor.

 

Les escales : six étapes, six émerveillements

 

Saint-Thomas

Première escale, première aventure. Un taxi, et nous voilà à Coki Point Beach.

C’est ici que nous avons vécu notre toute première baignade dans la mer des Caraïbes. Le moment restera à jamais gravé dans nos mémoires : l’eau d’un turquoise éclatant, la douceur du sable, et surtout… tous ces poissons colorés qui nageaient autour de nous, visibles à l’œil nu, sans masque ni tuba.

Un baptême des Caraïbes magique, inoubliable, qui symbolise à lui seul tout ce que nous allions aimer dans les croisières.

 

La Barbade

Un matin inoubliable : plonger en sous-marin avec Atlantis Submarines Barbados.

Voir les fonds marins défiler derrière les hublots, comme dans un rêve éveillé. L’après-midi ? Retour aux plaisirs simples : la plage, le soleil, et l’impression de vivre une journée parfaite.

 

Sainte-Lucie

Un coup de cœur absolu.

Nous avions réservé un tour avec Cosol Tours, et ce fut une journée riche et authentique. Panoramas volcaniques, villages, plantations… et ce repas typique partagé avec d’autres voyageurs. C’était plus qu’une excursion : c’était une rencontre avec une île vivante et chaleureuse.

 

Saint-Kitts

Ici, nous avons improvisé. Pas de plan précis, juste un taxi et une envie de découvrir .Notre chauffeuse s’est révélée incroyable de gentillesse : elle s’est arrêtée pour nous offrir une pause photo inoubliable.

Face à nous, un spectacle unique : l’endroit où la mer des Caraïbes et l’océan Atlantique ne sont séparés que par un mince bras de terre. Voir ces deux immensités se frôler ainsi fut un moment fort, presque irréel. Puis direction la plage, pour une journée simple mais mémorable.

 

Saint-Martin

Dernière escale, comme un bouquet final.

Un tour organisé nous a emmenés à travers les deux visages de l’île : la partie française et la partie néerlandaise. Et pour clore la journée, un après-midi de détente sur la plage de Great Bay. Le sable, la mer, et cette douce mélancolie de la fin d’un voyage.

Puis vint le retour à San Juan, les valises pleines de souvenirs et le cœur encore plus.

 

La vie à bord : un spectacle permanent

Mais les escales n’étaient qu’une partie de l’aventure. À bord, chaque journée était une fête. Les soirées se terminaient par des spectacles dignes de Broadway, éblouissants d’énergie et de créativité.

L’équipe d’animation, la Fun Squad, ne s’arrêtait jamais : jeux, danse, musique, activités en tout genre.

Et que dire de la nourriture…Une diversité incroyable, du matin au soir. Buffets, plats raffinés, découvertes culinaires : impossible de s’ennuyer. Nous avions l’impression d’être dans un monde où chaque instant était pensé pour surprendre et émerveiller.

 

Et après ?

Au départ, nous pensions que ce serait notre seule croisière. Une parenthèse, une expérience unique à vivre une fois.

Mais dès notre retour à la maison, une question revenait sans cesse : “Quand repartons-nous ?

Cette première croisière a été le point de départ d’une passion. Une passion qui, depuis, nous a conduits à multiplier les voyages en mer, à découvrir d’autres navires, d’autres horizons… et qui continue de nous faire rêver à chaque nouvel embarquement.

 

Ulrich & Sidara